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LES OTITES EXTERNES
Peau, oreilles, pelage

L’otite externe est une inflammation du revêtement cutané du conduit auditif. Elle représente un motif de consultation fréquent chez le chien, moins fréquent chez le chat.

L’otite externe est une maladie dont les causes sont multifactorielles. Elle peut évoluer sur un mode aigu (survenue brutale et récente) et, lorsque les épisodes se répètent ou que la cause n’est pas traitée, peut devenir chronique.

Lorsqu’elle devient chronique, sa gestion est parfois longue et difficile. Dans tous les cas, le traitement nécessite une bonne coopération de votre part.

I.Les causes d’otite externe

L’otite externe fait intervenir des facteurs prédisposants (particularités anatomiques, facteurs environnementaux, traitements inappropriés…), des facteurs déclenchants, véritables responsables de l’apparition de l’otite, et des facteurs perpétuants, qui favorisent le passage à la chronicité.

A.Facteurs prédisposants

Il existe des prédispositions anatomiques : oreilles tombantes (Cocker, Teckel…), pilosité abondante dans le conduit auditif (Caniche, Bichon…), conduit auditif étroit (Shar-pei, Bouledogue Français…) ou hypersécrétion de cérumen (Berger Allemand, Berger Belge).

Les baignades répétées, l’humidité et la chaleur ambiantes entretiennent des conditions favorables à l’inflammation et à la macération.

D’autre part, la réalisation de soins inappropriés peut traumatiser le conduit auditif : produits inadaptés ou irritants, nettoyage agressif au coton-tige…

B.Facteurs déclenchants

Ce sont les véritables responsables de l’apparition de l’otite. Parmi ceux-ci, on distingue les parasites externes, les allergies (allergie alimentaire, dermatite atopique, allergie aux piqûres de puces), les corps étrangers, les troubles hormonaux et de la kératinisation, et le développement de masses dans le conduit auditif.

1.Parasites externes

Le principal parasite responsable d’otite chez le chien et le chat est l’agent de gale Otodectes cynotis. L’otacariose est plus fréquente chez le chiot et le chaton. Par ailleurs, elle représente 50% des cas d’otites chez le chat, 7 à 10% seulement chez le chien.

D’autres parasites sont responsables de l’apparition d’une otite dans le cadre d’une dermatose généralisée : Demodex canis lors de démodécie généralisée chez le chien, Demodex cati chez le chat, Sarcoptes scabiei (agent de la gale du chien), Trombicula automnalis (Aoutâts).

2.Dermatites allergiques

L’otite externe bilatérale peut être un signe, parfois même le seul, d’une dermatite allergique. C’est d’ailleurs la cause la plus fréquente d’otite chez le chien.

Un diagnostic allergologique précoce et précis doit donc être mis en oeuvre (régime d’éviction alimentaire, tests intra-dermo-réactions de sensibilité aux piqûres de puces et aux allergènes de l’environnement…).

3.Corps étrangers

La présence d’un épillet de graminée peut être à l’origine d’une otite externe de survenue brutale, douloureuse, et généralement unilatérale. Le retrait de l’épillet est incontournable et nécessite souvent une tranquillisation.

4.Troubles hormonaux et troubles de la kératinisation

Les troubles hormonaux et de la kératinisation entraînent une sécrétion excessive de cérumen dans le conduit auditif, favorable à la macération et à l’obstruction du conduit auditif. Cependant, l’otite est rarement isolée et s’accompagne d’autres signes cutanés et généraux qui orienteront la recherche de ce type de maladies.

5.Tumeurs

On découvre parfois une masse dans le conduit auditif (polype, kyste voire tumeur bénigne ou maligne) créant une obstruction à l’origine de l’inflammation.

C.Facteurs perpétuants

Le conduit auditif inflammé peut être le siège de proliférations de bactéries et/ou de levures qui entretiennent et aggravent l’otite. Les bactéries les plus fréquentes sont des Staphylocoques. La présence de bacilles est un facteur de gravité et fait l’objet d’une prise en charge particulière.

Lors d’otite externe chronique, les remaniements inflammatoires (épaississement et induration de la paroi, ulcération, sténose du conduit auditif) et parfois la présence d’une otite moyenne (atteinte au-delà du tympan) viennent compliquer la gestion de l’otite.

II.Les signes cliniques sont facilement mis en évidence

L’otite peut être unilatérale ou bilatérale. On observe un prurit auriculaire : le chien ou le chat se gratte, se frotte la face et les oreilles, secoue la tête, manifeste parfois une douleur. L’odeur est souvent plus forte.

On distingue deux types d’otite selon qu’elles sont cérumineuses ou suppurées : les otites érythémato-cérumineuses prédominent largement. Elles se manifestent par un érythème (rougeur) du pavillon et du conduit auditif associé à une sécrétion excessive du cérumen dont l’aspect est variable : de jaune à noir, de sec à crémeux. L’otite suppurée est caractérisée par un érythème et une odeur intenses et par la présence de pus.

Dans les deux cas, lorsque le prurit est marqué, des lésions auto-induites (excoriations, croûtes) autour du pavillon et parfois un othématome apparaissent. L’othématome doit faire l’objet d’une prise en charge chirurgicale.

III. La démarche diagnostique d’une otite externe comporte 4 étapes :

A.L’examen à l’otoscope

Il permet de visualiser le conduit auditif et le tympan de chaque oreille et de mettre en évidence des anomalies anatomiques du conduit auditif, un corps étranger ou une masse, la présence de cérumen abondant, les remaniements inflammatoires, et quand on peut le visualiser, d’éventuelles lésions du tympan.

B.L’examen au microscope

L’examen direct du cérumen permet la recherche des parasites externes.

L’examen cytologique permet la mise en évidence de bactéries et de levures en surnombre. Lorsque des bacilles sont observés, il est alors nécessaire de réaliser une identification bactériologique et un antibiogramme en laboratoire spécialisé.

C.Le diagnostic d’une otite moyenne (si on la suspecte)

Lorsqu’on suspecte une otite moyenne (50% des cas d’otite chronique), d’autres examens complémentaires doivent être mis en œuvre : paracentèse (prélèvement dans l’oreille moyenne), examen radiographique et/ou tomodensitométrique (scanner).

D.La recherche et le contrôle d’une maladie sous-jacente, qui est très fréquente

Il faut alors entreprendre d’autres examens complémentaires : un régime d’éviction alimentaire ou des intra-dermo-réactions (si l’on envisage une dermatite allergique), un bilan sanguin, une exploration hormonale, ou encore des biopsies cutanées. C’est la clé d’une gestion à long terme de l’otite externe.

IV. Les traitements

Le traitement peut être simple, rapide et parfaitement efficace en quelques jours lors d’otite bénigne mais il peut aussi dans certains cas être plus long et plus complexe, nécessitant un suivi régulier.

A.Nettoyage de l’oreille

Il est indispensable et permet d’éliminer les débris, le cérumen et le cas échéant le pus. Il est parfois nécessaire de tranquilliser l’animal pour le premier nettoyage en cas de douleur importante.

La solution de nettoyage est choisie en fonction de la nature de l’otite et de l’intégrité du tympan. Il est fortement déconseillé d’utiliser des bâtonnets ouatés et des solutions détergentes (alcool, eau oxygénée, éther).

Après guérison, il est souvent nécessaire de poursuivre un nettoyage régulier des oreilles en entretien.

B.Traitement local

Une otite parasitaire se traite spécifiquement. Dans les autres cas, la plupart des produits traitants auriculaires convient au traitement d’une otite externe. Ils contiennent l’association de plusieurs familles de médicaments (antibiotiques, antifongiques, anti-inflammatoires). Il est cependant indispensable de faire un choix raisonné des principes actifs en fonction de la clinique et des examens complémentaires.

C.Traitement par voie générale

Il peut être nécessaire lors d’otite chronique et/ou moyenne d’utiliser un traitement par voie générale (antibiotique, antifongique, anti-inflammatoire).

D.Traitement de la cause sous-jacente

Lorsqu’une maladie sous-jacente est diagnostiquée, il faut bien sûr toujours la traiter de manière spécifique. Seule la prise en charge des causes déclenchantes permet d’éviter les rechutes, le passage à la chronicité et l’extension à l’oreille moyenne.

Le traitement chirurgical est rarement nécessaire si la cause est identifiée et bien gérée.

Les otites externes sont des dermatoses fréquentes chez le chien et le chat mais peuvent relever de causes variées qu’il faut rapidement mettre en évidence. Le traitement correct de l’otite et la prévention des récidives ou d’une chronicité nécessite votre entière coopération et une grande motivation. Il est essentiel de comprendre que le contrôle des dermatoses prédisposantes (allergies, séborrhée…) est la clé du traitement et de la prévention des otites externes, surtout lorsqu’elles sont chroniques.


Auteur: Dr Vet Sébastien Viaud, Dip ECVD



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