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LES PUCES, LA PULICOSE ET LA DAPP
Peau, oreilles, pelage

Les puces sont de petits insectes bruns à noirs, qui se nourrissent périodiquement du sang des mammifères et donc de nos animaux de compagnie.

Les puces adultes vivent sur les animaux, où elles se nourrissent. Le repas sanguin déclenche la maturation des ovaires et la ponte. Les oeufs sont pondus sur le pelage, puis tombent à la faveur des mouvements de l’animal. Ils évoluent vers des larves vermiformes à peine visibles ; chacune forme un cocon, qui après éclosion donne naissance à une jeune puce adulte affamée. Après leur repas sanguin, les puces émettent des excréments (cristaux noirâtres regroupés à la base des poils) qui constituent une nourriture très appréciée par les larves. La seule présence de ces déjections sur le pelage de l’animal signe indiscutablement une infestation.


LES SOURCES DE L’INFESTATION


Les contacts plus étroits que nous entretenons désormais avec nos animaux de compagnie (beaucoup vivent à l’intérieur de nos habitations) et les conditions climatiques favorables (humidité suffisante, hivers doux) facilitent la prolifération des puces et la rendent parfois préoccupante. Le milieu de vie des puces est constitué toute l’année des locaux d’habitation (surfaces moquettées, tapis, parquets, coussins, lieux de couchage des animaux, garages, sols en ciment...) et, seulement pendant la saison chaude à l’extérieur, des surfaces sableuses ou tout endroit tempéré, humide et ombragé fréquenté par les animaux.


Le simple contact entre animaux ou surtout avec un milieu infesté permet la contamination. Les animaux ne montrent alors pas toujours se signes cliniques, en particulier le chat, d’où le rôle important des animaux congénères “réservoirs à puces” que l’on ne soupçonne pas toujours lorsqu’on cherche une origine à l’infestation parasitaire. Si un chien ou un chat héberge des puces, il est certain que les congénères en hébergent également. La plupart des puces trouvées sur les chiens sont des insectes parasitant “habituellement” le chat.

LES DERMATOSES PROVOQUEES PAR LES PUCES

La pulicose : un prurit (démangeaisons) lié à la présence des parasites qui se déplacent sur le corps de l’animal et à l’action irritante de la salive injectée au cours de la piqûre peut apparaître. Il est alors lié à la quantité de puces. Il est le plus souvent discret mais peut être net chez les jeunes et chez les animaux nerveux. En fait, beaucoup d’animaux supportent sans souffrir la présence des puces et pulicose n’est pas vraiment une maladie de peau.

La dermatite par allergie aux piqûres de puces (DAPP) est la plus fréquente des maladies de peau chez le chien et elle est également très fréquente chez le chat. Toutes les races sont concernées. Lorsque la puce pique son hôte, elle injecte une petite quantité de salive. Certains chiens et chats sont ALLERGIQUES à cette salive et, dans ce cas, SEULEMENT QUELQUES PIQURES peuvent déclencher une réaction violente de la part de l’animal : grattage, léchage, frottements répétés sur divers objets, mordillements entraînant de graves lésions.

Celles-ci sont d’abord localisées d’abord à la zone dorso-lombaire (selon un triangle pointé en avant), au bord postérieur des cuisses, à l’abdomen, mais elles peuvent ensuite s’étendre sur tout le corps : il s’agit de papules, d’érythème, de squames, de croûtes et d’alopécie. Le poil des régions enflammées et humidifiées par la salive au moment du léchage prend souvent une teinte rougeâtre. Les lésions suintantes peuvent apparaître secondairement, ainsi que, chez le chien, des infections bactériennes (pyodermites). Chez le chat, on observe souvent un comportement de toilettage excessif entraînant une perte de poils plus ou moins étendue, atteignant le dos, les flancs, l’abdomen, la zone dorso-lombaire, la face postérieure des cuisses, le cou et la tête. Parfois la dermatose prend l’aspect d’une multitude de petites croûtes (dermatite miliaire) ou de lésions suintantes et localisées responsables de léchage permanent (plaques ou ulcères).

Le diagnostic de la DAPP repose sur plusieurs éléments. Comme seulement quelques piqûres de puce suffisent à déclencher une DAPP, et par conséquent des démangeaisons qui peuvent persister longtemps, les puces sont parfois difficiles à trouver au moment de l’examen par le vétérinaire, surtout si l’infestation est faible. La présence d’excréments dans les poils confirme leur passage. Les lésions observées sont souvent évocatrices. Chez le chien, un test facile et rapide par intradermoréaction à l’aide d’extrait de puce est réalisable. Ce test est moins fiable chez le chat.

LE TRAITEMENT

Il vise à éliminer les puces susceptibles d’entrer en contact avec l’animal. Chez un allergique, QUELQUES puces pouvant provoquer à elles seules un tableau lésionnel dramatique, l’éviction devra être TOTALE, ce qui est parfois difficile à réaliser.

Les animaux congénères de l’animal allergique doivent aussi être traités, même s’ils ne semblent pas souffrir de la présence des parasites car ils constituent un réservoir alimentaire. Il faut également traiter simultanément l’environnement de tous ces animaux.

Chaque cas est particulier et nécessite que l’on multiplie les moyens de lutte. Seule une collaboration étroite vétérinaire-propriétaire permet d’aboutir.

Traitement de l’environnement

Etape indispensable car la majeure partie du cycle de la puce ne s’effectue pas sur l’animal. En effet, le milieu environnant héberge la quasi-totalité (80 à 95 %) de la population des puces (oeufs, larves, cocons et adultes tout juste sortis du cocon).

Il faudra donc traiter tous les endroits favorables à leur développement : tapis, moquettes, parquets, lieux de couchage des animaux, fauteuils, garages, niches, chenils, etc...

On peut envisager de faire appel à des entreprises spécialisées. Néanmoins, en général, il est possible de réaliser soi-même le traitement des locaux. Il est nécessaire de traiter ceux-ci régulièrement car les parasites peuvent subsister jusqu’à 12 mois au stade de cocon.

Dans les locaux d’habitation, on employait jusqu’à une époque récente des insecticides qui ne tuent que les puces adultes (on les dit “adulticides”) et ils devaient être utilisés plusieurs fois par mois pour être efficaces.

Un progrès a été récemment obtenu grâce à une nouvelle génération de produit associant des adulticides à des substances particulières (IGR = Régulateurs de Croissance des Insectes) qui empêchent les larves de muer en adulte et qui ainsi meurent sans évoluer normalement. Ces molécules modernes “cassent” véritablement le cycle biologique des puces et leur efficacité est de plusieurs mois pour la plupart.

Cette association semble actuellement l’arme la plus efficace et elle existe :

- sous forme de pulvérisateurs,

- sous forme de spray ne tachant pas,

- sous forme de diffuseurs permettant de traiter de grandes surfaces (10 à 80 m²).

Très récemment, une nouvelle présentation en “pipette” utilise l’animal à traiter comme support du produit à étendre dans son proche environnement. En effet, après application entre les deux omoplates, le produit diffuse en moins de 24 heures sur l’ensemble du corps et agit directement par contact avec la puce. Il est stocké au niveau de la peau et reste efficace trois mois.

On peut utiliser dans les endroits peu fragiles (niche, chenil, cour, jardin, etc...) des produits adulticides et IGR liquides, en dilution, ou à pulvériser.

Traitement des animaux

Il faudra traiter tous les animaux, même les congénères ne présentant pas de symptômes, en particulier les chats. On utilise les produits suivants :

- aérosols ou sprays : peu utilisés de nos jours, ils devaient être appliqués tous les 2 à 3 jours pour être efficaces. Ils pouvaient effrayer les animaux nerveux.

- pulvérisateurs d’insecticides liquides (pump sprays) : ces solutions contiennent des agents filmants assurant une protection efficace du pelage pendant un mois. C’est un traitement possible de la DAPP si l’adulticide qu’ils contiennent agit RAPIDEMENT (ce qui n’est pas le cas de tous les produits !), d’autant plus que certains produits modernes ont incorporé des IGR. Certains insecticides présentés sous cette forme sont cependant toxiques chez le chat.

- spot-ons et line-ons (pipettes) : à étendre sur la ligne du dos, aussi efficaces que les pump-sprays, ils sont donc utilisables dans le traitement de la DAPP chez le chien comme chez le chat sous réserve d’une action RAPIDE.

- les insecticides “systémiques” (qui passent dans le sang) administrés par voie orale ou en pipette. Les adulticides systémiques sont efficaces sur des animaux non-allergiques, et ils ont un grand intérêt chez les animaux allergiques car ils diminuent considérablement, par leur action rapide, l’injection de salive par les puces. Ils sont devenus le TRAITEMENT DE CHOIX de la DAPP, et certains produits ont une action prolongée. De plus ils permettent l’utilisation de shampooings traitants. En revanche, les IGR systémiques finissent, tout au plus à terme, par diminuer le nombre de parasites évoluant dans le milieu où se trouvent les chiens et les chats, que ceux-ci soient allergiques ou non et ils n’ont pas d’intérêt dans la DAPP.

SONT INEFFICACES pour traiter une DAPP :

- colliers antiparasitaires : les colliers anciens ne détruisent que 50 à 75% des puces présentes sur un chien, ce qui est même insuffisant pour traiter un animal congénère d’un allergique. Les colliers plus récents pourraient être plus efficaces, mais leur intérêt reste à démontrer.

- shampooings “insecticides” : ils tuent les puces présentes sur l’animal au moment du bain, mais comme ils sont rincés, ils n’offrent ensuite aucune protection durable.

La prévention repose sur des mesures identiques (environnement et animaux). Toute nouvelle infestation, notamment par contact avec des animaux vivant à l’extérieur du milieu habituel ou après séjour dans un lieu infesté, doit être immédiatement traitée énergiquement. Si un chat vagabonde il s’infeste auprès de ses congénères et de leur environnement, et ainsi infeste lui-même l’habitation régulièrement. Il faudra le traiter très régulièrement et sans faillir. Les échecs sont rarissimes et sont dus dans l’immense majorité des cas à un traitement incorrect de l’environnement ou de l’ensemble des animaux.

Ces méthodes spécifiques permettent à terme d’empêcher les contacts entre des puces et animaux sensibilisés. Sans elles, le seul traitement possible de la DAPP est l’administration répétée de corticoïdes, devenant vite toxique pour l’animal atteint. La désensibilisation à la salive de puce ne donne malheureusement pas de bon résultat. La destruction des puces, même si elle est parfois délicate, reste le seul traitement efficace actuellement connu.

Alors si vous avez un chien ou un chat atteint de DAPP, il faut établir un programme de lutte, et ...

S'armer de courage !


auteur: Dr Vet Sébastien Viaud, Dip. ECVD

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