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La dysplasie coxo-fémorale en physiothérapie
- Rééducation fonctionnelle

La dysplasie coxo-fémorale (DCF) est une pathologie orthopédique de croissance très répandue, en particulier chez les chiens et chats de grandes races. La DCF est une maladie développementale et non pas congénitale. Elle se caractérise par une malformation de la tête du fémur et une laxité excessive de la hanche (jeu anormal de l’articulation = subluxation). Cette subluxation chronique entraîne une inflammation et des lésions cartilagineuses à l’origine d’une évolution arthrosique inéluctable

Ces malformations et l’arthrose qui en résultent ne sont pas nécessairement à l’origine de signes cliniques. Autrement dit, il n’y a pas de corrélation entre les lésions articulaires ou radiologiques et les signes cliniques. Le « fatalisme » n’est donc pas de rigueur si l’animal est déclaré atteint de DCF. Les premiers symptômes apparaissent en général chez des patients jeunes, allant d’une simple démarche « chaloupée » à des douleurs très invalidantes à l’origine de boiteries. Sans prise en charge adaptée, les symptômes s’aggravent avec le temps du fait de l’évolution arthrosique secondaire à l’instabilité de l’articulation coxo-fémorale.

Après une consultation orthopédique initiale, il sera décidé si un traitement conservateur (non chirurgical) ou chirurgical est préconisé en première intention. La rééducation fonctionnelle fait partie intégrante du traitement de la DCF quel que soit l’âge de l’animal ou le traitement choisi (conservateur versus chirurgical). La rééducation fonctionnelle, et non les anti-inflammatoires, constitue la pierre angulaire du traitement conservateur de la DCF. En cas d’intervention chirurgicale, elle peut être mise en place avant ou après la chirurgie.

Le traitement en physiothérapie de la DCF consiste à un accompagnement de l’animal dépendant de son état, de son âge et de l’ancienneté de sa maladie. L’objectif est la mise en place d’un protocole adapté centré sur la gestion de la douleur, la lutte contre l’arthrose et le maintien/renfort des masses musculaires très souvent insuffisantes.

  1. La gestion de la douleur : De nombreuses thérapeutiques antalgiques peuvent être mises en place en physiothérapie incluant des traitements médicamenteux et des agents physiques (thermothérapie, massages, électrothérapie, thérapie par les ultra-sons, thérapie par laser).
  2. La lutte contre l’arthrose : Le maintien d’une activité physique quotidienne est indispensable. L’activité physique doit être adaptée en fonction de l’état clinique de l’animal. Elle doit être régulière et modérée (peu d’impact sur les articulations). Le maintien d’un poids optimal et une alimentation adaptée sont également à considérer.
  3. Le maintien/ renfort de la masse musculaire : Dès que l’animal est confortable et prêt à effectuer un travail actif, des séances de physiothérapie avec de la kinésithérapie active sont mises en place. Le protocole de rééducation et le déroulement des séances sont effectués par un vétérinaire spécialisé dans la discipline ou par un(e) auxiliaire santé vétérinaire formé(e). Les séances sont mises en place de manière croissante, en fonction de l’état clinique de l’animal, de son âge, de son passé sportif et de son statut algique. La kinésithérapie active consiste à faire marcher l’animal sur différentes textures de sol, de travailler sur des ballons d’équilibre ou sur une plateforme élisphérique (Imoove Vet) pour le renforcement des masses musculaires profondes et le travail de propriocéption (= la perception de la position des différentes parties de son corps dans l’espace). Le travail sur un tapis de marche à sec ou immergé dans l’eau (hydrothérapie) accroît l’amplitude articulaire en extension. Le recours à l’hydrothérapie permet de réduire l’impact sur les articulations grâce à la poussée exercée par l’eau tout en augmentant la résistance aux mouvements des membres pour travailler le renfort musculaire.


En conclusion : une bonne gestion de la DCF en physiothérapie aide à diminuer la douleur articulaire, à lutter contre l’arthrose, à maintenir/renforcer des masses musculaires et à lutter contre l’ankylose des hanches. La physiothérapie est un outil thérapeutique complémentaire après une intervention chirurgicale pour le travail de remise en charge du membre opéré et de récupération progressive de la musculature pelvienne. Il est important d’intervenir tôt afin d’éviter une perte trop grande des masses musculaires et de l’amplitude articulaire.


Par le Dr. Vét Susanne Schaum

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